Actus

Rendez-vous
05/02/2020
3 millions de filles exposées aux mutilations sexuelles féminines chaque année
The Third Sorrow - Myriam Raja

Aujourd’hui, 6 février 2020, a lieu la Journée Internationale De Tolérance Zéro A L’égard Des Mutilations Sexuelles Féminines (MSF). Cette année se concentre sur la mobilisation des jeunes, autour du thème : « Libérer le pouvoir de la jeunesse : une décennie d'accélération des efforts pour zéro mutilations sexuelles féminines ».

 

Qu’est-ce que les Mutilations Sexuelles Féminines ?

Définit par l’ONU[1] comme « l’ensemble des interventions qui consistent à altérer ou à léser les organes génitaux de la femme pour des raisons non médicales », aujourd’hui encore, ces pratiques néfastes se poursuivent dans le monde. Selon l’UNICEF, au moins 200 millions de filles et de femmes ont été victimes de Mutilations Sexuelles Féminines[2]. Ces pratiques sont particulièrement répandues dans l’Ouest, l’Est et le Nord-Est de l’Afrique, dans certains pays du Moyen-Orient et d’Asie, ainsi que parmi les populations de migrants originaires de ces régions. Ces interventions sont généralement pratiquées sur des petites filles entre 5 et 14 ans.

Les Mutilations Sexuelles Féminines, rarement réalisées par des médecins, peuvent entraîner le décès et avoir de graves complications à vie pour les victimes : des problèmes de santé tels que des saignements importants, des infections récurrentes ou des complications lors de l’accouchement, ainsi que de grandes séquelles psychologiques.

Les Mutilations Sexuelles Féminines, sont le résultat d’une inégalité des genres profondément ancrée. Elles sont, à tort, régulièrement justifiées de ces manières, variant d’une région à une autre[3]:

  • Les MSF sont habituellement considérées comme faisant partie de la nécessaire éducation d'une jeune fille et de sa préparation à l'âge adulte et au mariage.
  • Les MSF sont fréquemment motivées par des croyances relatives à ce qui est considéré comme un comportement sexuel approprié. Elles visent à assurer la virginité prénuptiale et la fidélité conjugale.
  • Bien qu'aucun texte religieux ne prescrive cette intervention, les praticiens pensent souvent qu'elle a un fondement religieux.
  • Dans la plupart des sociétés, les mutilations sexuelles féminines sont considérées comme une tradition culturelle, liés aux structures de pouvoir et aux autorités locales qui maintiennent ces pratiques.

 

Des acteurs de cette lutte mondiale travaillent sans relâche pour que cette pratique brutale ne soit plus jamais d’actualité, à travers la prévention et la sensibilisation

Aujourd'hui, nous mettons en lumière quelques-uns des partenaires inspirants de la Fondation Kering, engagés dans ce combat :

  • Au Royaume-Uni, depuis 2010, Birmingham & Sollihul Women’s Aid accompagne les survivantes de violences conjugales, de violences sexuelles, de mariage forcé et de MSF. Leur programme de prévention des MSF est composé de trois types d'actions : la prise en charge psychologique des survivantes, la formation des professionnels de la santé et les campagnes de sensibilisation. Entre août 2019 et janvier 2020, BSWA a soutenu 71 survivantes de MSF. 92 % d'entre elles ont une meilleure compréhension des conséquences des MSF et des risques de santé liés à ces pratiques, grâce au soutien qu'elles ont reçu de BSWA.
  • En France, La Maison des Femmes à Saint-Denis, aide les survivantes de MSF en leur offrant un soutien adapté à leur besoin, allant des consultations médicales et psychologiques aux ateliers sur l'estime de soi. En outre, la Maison Des Femmes participe à une journée de travail à Paris aujourd'hui, 6 février 2020 : "Abandonner l’excision : renforcer les ponts", aux côtés d'autres acteurs spécialisés. Des militants de terrain, des professionnels de santé, des spécialistes du droit et bien d'autres se réunissent pour échanger et partager les bonnes pratiques pour mettre fin aux MSF.
  • Excision, parlons-en ! qui participe également à la journée de travail à Paris, a lancé sa campagne Alerte Excision en 2017 pour prévenir et protéger les adolescentes en France, qui, à l’occasion de vacances dans leur pays d’origine, risquent de subir une Mutilation Sexuelle Féminine.

 

Des réalisatrices dénoncent le sujet des Mutilations Sexuelles Féminines, abordé lors de la campagne #16Days16Films en 2019

Des récits et des documentaires percutants mettent en lumière les complexités des MSF. Deux films ont été plébiscitéslors de la campagne 16Days16Films, lancée par la Fondation Kering en partenariat avec Modern Films :

  • The Third Sorrow :
    Réalisé par Myriam Raja, ce court métrage qui a remporté le premier prix de la compétition, raconte l’histoire d’une mère célibataire et immigrée nigériane, Yejide, qui prépare la cérémonie d’excision de sa fille. Entre instinct maternel et sens du devoir, Yejide remet en cause la tradition et l’avenir de sa petite fille.

 

The Third Sorrow directed by Myriam Raja

 

  • Uncut :
    Réalisé par Emanuela Zuccalà et Simona Ghizzoni, ce documentaire illustre le courage de femmes qui, dans trois pays africains, le Somaliland, le Kenya et l'Éthiopie, se sont rassemblées pour dire non à cette pratique cruelle violant la dignité des femmes.
    • « Uncut : La révolution des femmes contre les mutilations sexuelles féminines », une exposition photo, débute ce jour à Paris, à l’Espace des Femmes. Ouverte jusqu’au 29 février 2020, cette exposition percutante donne une voix collective à des témoignages de souffrances, mais aussi à des batailles courageuses pour l’émancipation et les droits des femmes.

 

UNCUT - Women’s War Against Female Genital Mutilations directed by Emanuela Zuccalà