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07/08/2019
Charity, la première fille de son village à dire non aux mutilations sexuelles féminines


« Quand tu es née et j’ai vu que tu étais une fille […], j’étais impatiente de voir le jour de ton excision. Ça aurait été une grande joie de te faire exciser. Avec ton excision, je serais devenue une bonne épouse, parce que j’aurais fait mon devoir. Ton excision aurait été un évènement très émouvant pour moi. Tu serais devenue une femme et tu aurais pu te marier. » - la mère de Charity.


« Against All Odds » est un court-métrage sincère, brut et émouvant qui raconte l’histoire de Charity, une jeune femme originaire de la région du Masai Mara au Kenya, où l’excision est un rite de passage obligatoire pour toutes les filles. Ce documentaire met en lumière cette tradition violente, ancrée et perpétuée de génération en génération, principalement par des femmes, mais surtout la prise de conscience courageuse de Charity, la première fille de son village à dire non.

Le déclic a lieu à l’âge de 12 ans après avoir regardé une vidéo à l’école montrant une jeune fille se faire exciser. Alors qu’elle avait l’habitude d’aider les femmes de son village à exécuter cette pratique archaïque – elle versait de l’eau froide sur les filles afin d’anesthésier leurs corps – la vision de cette jeune fille impuissante, hurlant de douleur et qui finit par mourir en se vidant de son sang changea à jamais Charity. Elle réalise que cette pratique transformerait sa vie de femme et décide de ne pas se faire exciser, avec le soutien de sa mère, alors que son père avait peur de la réaction du village.

C’est ainsi que Charity décide de s’engager et de lutter contre les mutilations sexuelles féminines, notamment grâce à un programme motivationnel monté à l’université, pour encourager, donner des outils et avant tout redonner une voix à toutes ces filles dont les droits sont bafoués.


Les mutilations sexuelles féminines regroupent toutes les formes de pratiques qui consistent en l’ablation partielle ou complète des organes génitaux externes d’une femme. Il existe quatre catégories de mutilations sexuelles féminines allant de l’excision (ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres) à l’infibulation (rétrécissement de l’orifice vaginal). Aujourd’hui, on estime que plus de 200 millions de femmes et de filles ont subi une ou plusieurs formes de mutilations sexuelles féminines [1] et plus de 3,9 millions de jeunes filles [2] risquent, chaque année, d‘en être victime.

Les partenaires de la Fondation Kering, tel que Maison des Femmes en France ou Birmingham Solihull Women’s Aid en Angleterre travaillent sur la prévention et l’amélioration de la prise en charge des victimes de mutilations sexuelles féminines. La Maison des Femmes, structure unique en France, abrite tous les professionnels de santé (gynécologues, psychologues…) pour aider les femmes qui ont subi des violences à se reconstruire en particulier celles victimes de mutilations sexuelles féminines. Birmingham Solihull Women’s Aid base leur accompagnement via trois types d’action : une prise en charge psychologique des victimes sur le modèle de The Dahlia Project, institution pionnière sur les questions de santé mentale à Londres, une formation des professionnels de santé et des campagnes de sensibilisation ciblées auprès des communautés grâce au recrutement et au soutien de porte-paroles pour combattre les comportements néfastes.