Hera Hussain, Chayn, Royaume Uni

Mettre à profit la technologie pour donner aux femmes des ressources qui peuvent leur sauver la vie

« Cela nous met du baume au cœur d'apprendre que des survivantes de violences trouvent nos ressources gratuites en open-source indispensables à leur survie. »

Au croisement des violences faites aux femmes et de la technologie, Chayn, le projet open-source de Hera Hussain comble le manque critique d'informations pour aider les femmes à être en sécurité. Les survivantes de violences conjugales disposent souvent de très peu de temps lorsque leur partenaire est absent pour accéder à un soutien en ligne.

Un jour, une victime de violences nous a dit : « Cela m'a pris 15 clics pour trouver des informations sur un foyer. Si vous n'avez que 5 minutes toute seule, ça fait au moins 10 clics de trop. »

C'est là qu'intervient la dernière innovation de Chayn, Little Window. Ce bot de recherche intelligent dirige aussi vite que possible les femmes vers les informations dont elles ont besoin « comme une recherche Google qui aurait mis le turbo », réduisant de manière drastique le temps nécessaire à trouver de l'aide, ce qui peut sauver des vies.

Plus de 200 000 personnes ont consulté Chayn depuis son lancement en 2013, un brillant exemple de la manière dont le design collaboratif peut atteindre un tel impact. Ce site international, administré par des survivantes de violences, regroupe les ressources relatives aux violences conjugales et aux violences faites aux femmes.

Avec des contenus produits par les survivantes elles-mêmes et des conseils d’experts, on trouve les guides en ligne suivants : « Do It Yourself Online Safety » pour aider les victimes de violences à éviter que les agresseurs ne suivent leur historique de connexion ou encore « How to Build Your Own Domestic Violence Case Without A Lawyer » (« comment monter un dossier de violences conjugales sans avocat »).

Chayn fonctionne grâce à 400 bénévoles. Ses coûts sont donc réduits avec un modèle économique hybride qui dépend principalement de subventions et de dons. Chayn souhaite désormais revoir son business model avec des services générant des bénéfices comme Soul Medicine, une plateforme pédagogique multilingue offrant des micro formations pour les femmes qui subissent des violences, y compris les femmes migrantes et réfugiées.

 

« Une grande partie des bénévoles de Chayn étant elles-mêmes des survivantes de violences, nous avons toujours dit que nous concevions « avec » et non « pour ». Cela signifie que l'ensemble de nos ressources, guides et projets sont menés par des survivantes et reflètent leurs avis sur ce qu'elles estiment être le plus à même d'aider les femmes confrontées à des violences. Nous associons cette expérience vécue au savoir-faire d'experts pour garantir que nos guides sont à la fois exacts et utiles pour les femmes que nous essayons d'atteindre », Hera Hussain, fondatrice de Chayn

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