Actus

Nouvelles du terrain
05/02/2019
Le combat continue : la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations sexuelles féminines



Plus de 200 millions de femmes et de filles dans le monde

Les mutilations sexuelles féminines regroupent toutes les formes de pratiques qui consistent en l’ablation partielle ou complète des organes génitaux externes d’une femme. Il existe quatre catégories de mutilations sexuelles féminines allant de l’excision (ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres) à l’infibulation (rétrécissement de l’orifice vaginal). Aujourd’hui, on estime que plus de 200 millions de femmes et de filles ont subi une ou plusieurs formes de mutilations sexuelles féminines[1] et plus de 3,9 millions de jeunes filles[2] risquent, chaque année, d‘en être victime.


Des conséquences physiques et psychologiques

L’ONU définit ces pratiques primitives comme une violation des droits fondamentaux des femmes et de l’enfant puisque les mutilations sexuelles féminines sont souvent pratiquées sur des filles dès la petite enfance et jusqu’à l’âge de 15 ans[3]. Ces pratiques ont des conséquences dévastatrices et durables sur les victimes : elles peuvent entraîner divers problèmes de santé tel que des saignements importants, des infections récurrentes ou des complications à l’accouchement, mais aussi des dommages psychologiques tout au long de leur vie.

Les mutilations sexuelles féminines sont principalement pratiquées dans une trentaine de pays d'Afrique, du Moyen-Orient et d'Asie mais persistent au sein des populations immigrées vivant dans d'autres régions du monde. En Europe, 500 000 femmes et filles auraient été excisées et d'après l'Organisation mondiale de la santé, 180 000 filles risqueraient d'être excisées chaque année
[4]. En France, il y aurait 60 000[5] filles à risque chaque année et aux Etats-Unis, plus de 510 000[6]. Les facteurs culturels et sociaux au sein des familles et des communautés sont les premières causes des mutilations sexuelles féminines. La Fondation Kering s’est engagée auprès d’acteurs locaux en Europe qui s’impliquent à plusieurs niveaux pour éradiquer ses pratiques néfastes : la sensibilisation, la prise en charge et l’accompagnement des victimes.


Nos partenaires s’engagent pour la lutte contre les mutilations sexuelles féminines

En Grande-Bretagne, notre partenaire Birmingham & Solihull Women’s Aid, apporte son soutien aux femmes victimes de violences conjugales, sexuelles ou de mariages forcés. L’association travaille également sur la prévention et l’amélioration de la prise en charge des victimes de mutilations sexuelles féminines via trois types d’action : une prise en charge psychologique des victimes sur le modèle de The Dahlia Project, institution pionnière sur les questions de santé mentale à Londres, une formation des professionnels de santé et des campagnes de sensibilisation. Cette année, Birmingham & Solihull Women’s Aid collabore avec des étudiants pour créer une campagne de sensibilisation en direction des plus jeunes.

Depuis sa création en 2016, la Fondation Kering soutient la Maison des Femmes dont l’un des champs d’action est l’éradication des mutilations sexuelles féminines. Le 6 février, au côté d’autres organisations comme Excision, parlons-en ! ou Equilibres & Populations, la Maison des Femmes participera à l’ouverture d’un musée éphémère promouvant l’abandon des mutilations sexuelles féminines à Paris. Des tables rondes rythmeront la journée dont l’une sera animée par Ghada Hatem, directrice de la Maison des Femmes.