Chiffres clés
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100 à 140 millions de jeunes filles et femmes dans le monde vivent actuellement avec les séquelles de mutilations sexuelles. (OMS)


En Afrique, environ 92 millions de jeunes filles âgées de dix ans et plus ont subi cette pratique. (OMS)


En 2008, au Mali, 92 % des femmes maliennes de 15 à 49 ans ont subi une excision. (UNICEF)


En 2005, en Egypte, 96 % des femmes de 15 à 49 ans ont été excisées. (UNICEF)


Aujourd'hui, 11 % des filles de 0 à 18 ans appartenant à des populations à risques en France sont concernées par les MSF. Il y a 20 ans, les statistiques étaient de l'ordre de 70 à 90 %. (INES)

Mutilations Sexuelles Féminines (MSF ou MGF)

Les Mutilations Sexuelles Féminines recouvrent toutes les interventions incluant l’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme. Les mutilations sexuelles féminines sont internationalement considérées comme une violation des droits des jeunes filles et des femmes.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) distingue quatre types de mutilations sexuelles féminines :

  • type I : excision du capuchon, avec ou sans excision partielle ou totale du clitoris,
  • type II : excision du clitoris, avec excision partielle ou totale des petites lèvres,
  • type III : excision partielle ou totale des organes génitaux externes et suture/rétrécissement de l’orifice vaginal (infibulation),
  • type IV : autre (piqûre, perforation ou incision)

Les raisons de cette pratique

Le principal facteur de risque de mutilation est l’appartenance ethnique et non la religion. Les MSF font souvent partie d’un rite de fécondité ou de passage à l’âge adulte, et elles sont parfois considérées comme une manière de veiller à la chasteté et à la “pureté” génitale des jeunes femmes. Elles sont pratiquées le plus souvent sur des jeunes filles entre l’enfance et l’âge de 15 ans.

Cette intervention est pratiquée par des circonciseurs(ses) traditionnel(le)s, qui jouent souvent un rôle central dans les communautés, notamment en tant qu’accoucheurs(ses). Toutefois, les mutilations sexuelles féminines sont de plus en plus pratiquées par du personnel formé médicalement.

Les conséquences sur la santé

Les mutilations sexuelles féminines ne présentent aucun avantage pour la santé et sont préjudiciables aux jeunes filles et aux femmes. Au-delà de la privation du plaisir féminin, les complications immédiates peuvent être douleur violente, choc, hémorragie, tétanos ou septicémie, rétention d'urine, complication lors de l’accouchement.

Les populations exposées

La pratique de l’excision est plus courante en Afrique sub-saharienne, dans certaines régions du Proche-Orient et de l’Asie du Sud-est (Indonésie, Yémen, Malaisie).

Malgré une interdiction officielle de l’excision dans 15 pays d’Afrique, on recense, en Octobre 2007, 28 pays où les mutilations sexuelles féminines sont pratiquées (Mali, Soudan, Ethiopie, Egypte, Somalie, en Guinée par exemple).

Les pays accueillant une grande communauté de migrants combattent la pratique de l’excision sur leur territoire (exemple de la France et de la communauté malienne) et sensibilisent les communautés à la disparition de cette pratique dans leur pays.

Les avancées pour l’abandon des MSF

Parmi les progrès réalisés au plan international et local, on relève ces dernières années :

  • un plus grand engagement international pour mettre un terme aux mutilations sexuelles féminines ;
  • la mise en place d'organismes de surveillance internationaux et l'adoption de résolutions condamnant cette pratique ;
  • des cadres juridiques révisés et un appui politique croissant pour mettre fin aux mutilations sexuelles féminines ;
  • dans certains pays, une diminution de la pratique des mutilations sexuelles féminines et un nombre croissant de femmes et d'hommes qui se prononcent en faveur de sa suppression dans les communautés où elle est pratiquée.

Les recherches montrent que si ces communautés décident elles-mêmes d'abandonner les mutilations sexuelles féminines, cette pratique pourrait disparaître très rapidement.

L’adoption par les Nations Unies d’une résolution interdisant les mutilations génitales féminines

Le 20 décembre 2012, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution interdisant la pratique des mutilations génitales féminines. Cette étape importante a été approuvée par les 194 États membres des Nations Unies qui s’engagent à prendre toutes les mesures nécessaires, y compris l’application de la législation, la sensibilisation et l’allocation de ressources suffisantes, pour protéger les femmes et les filles contre cette forme de violence. 

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