Sensibiliser aux cyberviolences sexuelles et soutenir les victimes
- En 2019, 11 % des femmes ont déclaré avoir subi des cyberviolences sexuelles (Enquête sur les violences sexuelles du Ministère coréen de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Famille).
- En 2023, le Centre d'aide aux victimes de crimes sexuels numériques, une entité gérée par le gouvernement coréen, a supprimé 245 416 vidéos à caractère sexuel non-consenties des plateformes en ligne. Le centre fournit une aide juridique, psychologique et pratique aux victimes de crimes sexuels numériques.
Une approche en cinq piliers pour lutter contre les cyberviolences sexuelles
Le Korea Cyber Sexual Violence Response Center (KCSVRP)* se consacre à la lutte contre les cyberviolences sexuelles et à la mobilisation féministe à travers une stratégie fondée sur cinq piliers :
1/ Soutenir les victimes : fournir un soutien juridique, psychologique et émotionnel aux victimes de cyberviolences sexuelles, les aider à se reconstruire et à obtenir justice.
2/ Plaider en faveur de lois traitant de cette thématique : promouvoir des réformes féministes des lois, des politiques et des institutions afin de lutter contre les cyberviolences sexuelles.
3/ Sensibiliser : remettre en question les perceptions néfastes de la sexualité des femmes et sensibiliser au fait que des actes, tels que le fait de filmer sans consentement, relèvent des violences sexuelles, et non du divertissement.
4/ Renforcer la solidarité : collaborer avec les femmes et les groupes minoritaires pour lutter contre les violences sexistes par des actions communes et des campagnes de sensibilisation.
5/ Pérenniser l'activisme féministe : unique organisation militante féministe à plein temps depuis la résurgence du féminisme en Corée après 2015, KCSVRP fait le lien entre l'héritage des mouvements féministes des dernières décennies et la nouvelle génération d'activistes.
Kering Foundation soutient KCSVRP au travers d’un financement flexible, destiné à renforcer la stratégie de l'organisation.
Soutenir les victimes et faire évoluer les perceptions
Le KCSVRP apporte une aide directe aux victimes de violences en ligne grâce à sa ligne d'assistance téléphonique, disponible les mardis, mercredis et jeudis.
Le centre a mis au point un processus permettant de supprimer les contenus sexuels non consensuels (vidéos et images) publiés en ligne. Son « processus de suppression » a servi de modèle au Centre national d'aide aux victimes de crimes sexuels numériques, créé en 2018. Il propose aux victimes des services de conseil féministe, d'aide juridique, de soutien psychologique et de coordination de la suppression des contenus.
La prévention est également un aspect important de leur travail. Le KCSVRP a mené des campagnes de sensibilisation visant à changer la perception sociale de la cyberviolence sexuelle en remplaçant les termes euphémisants tels que « revenge porn » [trad. : vengeance pornographique] et « caméra cachée » par « diffusion non consensuelle » et « enregistrement illégal », les qualifiant ainsi d'actes de violence plutôt que de pornographie. Il organise des campagnes et des actions éducatives afin d'éliminer la stigmatisation dont sont victimes les personnes ayant fait face aux cyberviolences sexuelles.
* Centre coréen de lutte contre les cyberviolences sexuelles
Depuis 2017 :
